« Je veux être marin ».
Sa passion c’est naviguer et comme disait Eric Tabarly « L’homme a besoin de passion pour exister ».
A 23 ans, après avoir frotté ses fonds de culotte sur divers dériveurs, avoir flirter avec le très haut niveau de la compétition internationale, Eric se lance dans l’aventure du Grand Large..
Depuis 1988 Eric est sur l’eau, il débute sur Optimist, puis barre 420, 470, 49er, J80, First class8, Mumm30. Sans oublier « pour les loisirs » planche à voile, surf ou kite-surf. Cela fait quinze ans qu’il navigue en moyenne six heures par semaine et ces 7 dernières années trente heures. Athlète de haut-niveau il a le goût d’apprendre et de se surpasser. Le Figaro le tente, le niveau de cette Class est réputé pour être un des plus haut niveau de la Course au Large, ce n’est pas par hasard sans doute que d’excellents coureurs y sont venu y faire leurs armes, avant d’entreprendre de grands projets, comme le Vendée Globe par exemple. De la compétition à haut niveau en dériveur, Eric a acquit bien des qualités qui lui sont indispensables en Figaro : la méticulosité, la rigueur, la ténacité, la patience, le courage, le respect. Eric privilégié par son lieu d’origine (le Finistère sud) côtoie un bon nombre d’entre – eux, au centre Port la Forêt, Michel Desjoyaux, Vincent Riou, Jérémy Bayou, Yann Elies, Armel Lecleach, Charles Caudrelier, Jean Luc Nélias, Nicolas Troussel. Sa détermination, son sérieux, son professionnalisme lui valent d’être reconnu et encouragé par tous. Remarqué, suite à sa performance de seconde place dans la sélection Challenge Espoir Crédit Agricole, il est engagé pour skipper au côté de Jacques Einhnorn, propriétaire du Figaro « Connivence » durant la transatlantique en double AG2R, Lorient - St Barthélémy. Première grande expérience, il y découvre de nouvelles sensations de navigation dans un univers entouré de mer à l’infinie, ainsi que la vie au quotidien avec une personne plus âgé dans un réduit de dix mètres carré. A la suite de la transat en double il enchaîne sa première solitaire : La Générali en Méditerranée Grâce à Jacques Einhorn qui lui prête son bateau, l’épreuve est dure avec des étapes journalières, il faut assurer le rôle de skipper et celui du préparateur car le budget est très court. C’est alors que L’esprit d’équipe fait son entrée dans la vie d’Eric, son oncle Jean Yves fait l’acquisition d’un Figaro que Lionel Pean va skipper pendant une saison. Ce dernier se retire de la compétition en figaro et laisse la place à Eric et devient son Mentor. La prochaine solitaire s’annonce bien, un partenaire est intéressé il se nomme CIGO Carriers Indépendants du Grand Ouest est une association professionnelle regroupant les producteurs de granulats indépendants du grand ouest. Groupement de PME familiales représentant 60 % de la production régionale (CA 500 millions d'€). Eric se blesse au genou, quelques jours avant son arrivée sur le site de régate de la solitaire, Afflelou Figaro (Cherbourg- Concarneau en passant par l’Espagne et l’Irlande). L’infection nécessite une opération sous anesthésie générale le lundi, six jours avant le départ de la course. Le jeudi qui suit il a de la fièvre, le médecin de la course ne l’autorise pas à participer au prologue du vendredi. Le lendemain son état s’améliore et a le feu vert pour le départ du dimanche. Jour J alors que les dernières boîtes de pansements et les antibiotiques sont embarqués. Eric le visage creux, les traits tirés larguera les amarres. La consigne sera « tu fais de ton mieux, si tu n’en peux plus, pas de risques, tu fais route sur Brest ou Port la Forêt ». Le bateau CIGO partenaire pour cette course quitte donc Cherbourg. Mais c’est un dur, il arrivera à Santander. Tonton le Coach dira « il était hilare à l’arrivée » tellement il était heureux de s’être dépassé. La chance n’est pas complètement au rendez-vous, dans la dernière étape, alors qu’Eric sent que sa forme revient, après un bon départ, un empannage sous spi se passe mal, le safran décroche et entraîne le bateau dans un lof faisant exploser le grand spi. L’étape est en grande partie sous spi et les places perdues ne seront pas rattrapées. Eric a fait toute la course et arrive à Concarneau fatigué, heureux et peut-être en meilleure forme qu’à son départ de Cherbourg Par la suite, la recherche d’un nouveau partenaire est difficile, Eric envisage la Transatlantique en solitaire Trophée BPE (Belle-Ile en Mer - Marie Galante) Mais les promesses des sponsors ne sont pas tenues et la semaine avant le départ le bateau est convoyé de Port la Forêt vers Belle Ile dans l’espoir d’un contact de dernière minute, mais le cœur ni est pas. Eric est prêt et pas prêt, certains habitués ne sont pas présents faute de sponsor, mais Eric espère sans espérer. Peut-être déçu de tant d’énergie dépensée pour rien, où peur de ne pas partir voir ses amis Thomas Rouxel, Liz Wardley quitter le port. Il a pourtant raison d’y croire même s’il a douté car il part soutenu par les Bellilois, la décision est prise avec Tonton Le Coach suite à une alchimie d’interventions en partie du journal France Soir, d’une Mécène, de la compagnie de Transport des bateaux sur cargo et des copains (qui participeront par le prêt de petit matériel), le budget est très modeste mais l’aventure est belle. Comme pour sa première régate en Optimist sur son bateau rouge, Eric franchira la ligne de départ en tête. Les journalistes sont présents (hélicoptère de la télévision, pneumatiques avec photographes) Le bateau rouge de France Soir /Eric Péron passe le soir même aux actualités et dans le magasine des sports, déclenchant un ras de marrée de coup de téléphones dans la famille et chez ses amis. Deux jours plus tard, c’est l’avarie causée par le heurt d’un fût ou d’un cétacé. Un des deux safrans est explosé dans la collision. Le choc est si violent que notre skipper est éjecté de sa place à la barre, son harnais lui sauve peut-être la vie .C’est épuisé qu’il accoste à Aveyro au Portugal après une journée de déroute. Après réparation par l’équipe assistance, la décision de repartir est très dure, le moral est au plus bas, quelques heures de sommeils lui sont indispensables pour reprendre ses esprits et décider de son retour vers la course. Celle ci se déroule par la suite sans problème. Le retard n’est pas repris sur les premiers mais il rattrape trois bateaux, deux autres ont abandonné pour avarie. . A Marie Galante tous les Figaristes viennent l’accueillir sur l’eau et font le dernier bord sous spi avec lui. Eric a la plus belle arrivée de la flotte, celle de l’amitié, de la reconnaissance.
C’est donc avec un bagage technique non négligeable et des qualités humaines qui le sont pas moins qu’il a acquit aux cours de ces épreuves et qu’Eric poursuit cette nouvelle saison en Figaro.
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